Ngannou salue le grand perdant de la soirée
Il y a des défaites qui honorent plus que certaines victoires. Samedi soir à Miami, le combat entre Curtis Blaydes et Josh Hokit a peut-être été le plus beau de la soirée et Curtis Blaydes en est sorti sans la victoire, mais avec les ovations du public et les félicitations d’un certain Francis Ngannou.
L’ancien champion des lourds de l’UFC, qui avait battu Blaydes par deux fois durant sa glorieuse épopée dans la promotion, a suivi le duel avec attention depuis l’extérieur, avant de réagir sur les réseaux sociaux.
« C’était insensé. Je n’arrive pas à croire que ça a duré trois rounds entiers. Curtis a le cœur d’un lion. »
That was insane I can’t believe it went all 3 round. Curtis has the heart of a lion
— Francis Ngannou (@francis_ngannou) April 12, 2026
Hokit s’est finalement imposé par décision unanime à l’issue de trois rounds d’une intensité rare, dans ce qui s’annonce d’ores et déjà comme l’un des candidats sérieux au Fight of the Year 2026. Blaydes a tout donné. Et Ngannou, qui connaît mieux que personne ce que cela coûte de laisser sa peau dans un octogone, a choisi de saluer son ancien rival en défaite plutôt que de célébrer le vainqueur. Un geste simple, mais qui résume bien l’homme de Batié.
Ngannou, lui, n’a plus combattu depuis son KO sur Renan Ferreira lors de ses débuts au PFL en octobre 2024 et se prépare à retrouver la cage dans le co-main event du show MMA de Jake Paul sur Netflix le 16 mai prochain.
Ulberg fracasse la version Prochazka : « C’était de la peur, pas de la pitié »
Si la conférence de presse du samedi soir avait été relativement calme du côté du nouveau champion, le lundi a été d’une toute autre nature. Carlos Ulberg est apparu sur The Ariel Helwani Show avec une mission : démonter, point par point, le récit que Jiří Procházka avait soigneusement construit dans les heures suivant sa défaite.
Pour mémoire, le Tchèque avait expliqué au micro de Joe Rogan qu’il avait ressenti de la pitié en voyant son adversaire blessé, et que c’est cette compassion qui lui avait coûté la ceinture. Une version romantique, en phase avec l’image du samouraï moderne qu’il cultive depuis des années. et Ulberg n’a pas apprécié.
« Des conneries. Des conneries totales. C’était de la peur. C’était de la peur qu’il avait. Pas de la pitié. Il le sait. C’est un combattant. C’est la différence entre un champion et quelqu’un qui joue pour le public. Il était plein de peur, d’hésitation. Et c’est ce qui lui a valu de se faire toucher. »
Carlos Ulberg calls Jiří Procházka a 'pretender' and fully rejects the notion that Jiří was showing mercy:
“That’s bullshit, total bullshit. That’s fear… That wasn’t any kind of mercy… There was no mercy in there.
He was full of fear, hesitation, and that’s what got him… pic.twitter.com/PP2GodtoBQ
— Ariel Helwani (@arielhelwani) April 13, 2026
Le nouveau champion ne s’arrête pas là. Il est allé encore plus loin en remettant en question la nature même de Procházka :
« Je pense qu’il est un imposteur. Il le sait, et il sait que je le sais. Dès la première fois où on s’est regardés dans les yeux, il a senti que c’était du sérieux. Il pouvait le sentir. »
Puis Ulberg serre la vis sur la question d’une revanche.
« Quand le mot « miséricorde » lui a été soufflé ce soir-là, il l’a saisi et en a joué. C’était son excuse pour espérer décrocher une revanche. Il n’y aura pas de revanche. Je ne le vois pas passer Ankalaev. Il se fait battre par Ankalaev et je ne le vois plus dans le tableau des prétendants. »
La blessure au genou et l’avenir du titre
Ulberg a reconnu que la blessure au genou survenue lors d’un échange debout, sans qu’il soit frappé, était un accident imprévu.
« C’est une blessure bizarre. Je ne me suis jamais blessé au genou auparavant, donc je ne savais pas comment réagir. C’est gonflé. J’ai du mal à me lever. Il se passe clairement quelque chose là-dedans. Je marche comme un vieux monsieur. »
Le champion a précisé qu’il se rendrait à Las Vegas pour passer des examens médicaux et évaluer l’étendue exacte des dégâts. Une rupture du ligament croisé antérieur est l’hypothèse la plus sérieuse ce qui signifierait une absence de neuf à douze mois minimum. La division des mi-lourds risque donc de tourner à vide un bon moment, avec un titre sur la touche et des prétendants en attente.
Ankalaev se joint au concert
La pile-on est complète. Magomed Ankalaev, numéro un mondial des mi-lourds, n’a pas raté l’occasion d’enfoncer le clou sur Prochazka :
« Jiri Prochazka continuait à frapper les jambes de Carlos. Il ne lui a montré aucune pitié. Faux. Prochazka s’est fait mettre KO trois fois lors de ses six derniers combats. Je ne veux plus entendre son nom dans le tableau des prétendants au titre. Félicitations Carlos. »
Miami n’a pas fini de faire parler. Un Blaydes héroïque, un Prochazka démystifié, un Ulberg champion sur une jambe et un Ngannou qui regarde tout ça depuis les tribunes en se préparant pour son prochain chapitre. Le MMA n’a décidément jamais manqué de matière.





