Le 15 avril 2026, Palladium Theater de New York. Ronda Rousey monte sur scène pour la conférence de presse de son retour contre Gina Carano sur Netflix. Mais ce qu’elle lâche ce soir-là dépasse largement le combat. C’est une attaque frontale, chiffrée, documentée et cette fois, impossible à ignorer.
Ronda Rousey announces the minimum purse for any fighter on the MVP MMA card will be $40,000.
“If you fight 3 times a year, that is much more than a living wage. That’s something the UFC cannot say.” pic.twitter.com/PqyUZwq47S
— Ariel Helwani (@arielhelwani) April 15, 2026
40 000 dollars minimum. Même pour les perdants
« Je pense qu’il est vraiment important d’élever le plafond, mais aussi d’élever le plancher. Et ce dont je suis vraiment fière avec cet événement, c’est que le strict minimum que quelqu’un puisse empocher même sans un long palmarès, même en perdant est de 40 000 dollars. Si vous combattez trois fois dans l’année, c’est bien plus qu’un salaire décent. Et ça, c’est quelque chose que l’UFC ne peut pas dire. »
Environ 34 000 euros garantis à tout le monde, sans condition. Là, la salle retient son souffle. Parce qu’on ne parle pas d’un tweet rageur ou d’une vanne en podcast. On parle de l’une des plus grandes stars de l’histoire de l’UFC, co-promotrice d’un événement diffusé sur la plus grande plateforme mondiale, qui balance un chiffre précis et une phrase-couteau sous les caméras.
Et elle n’a pas fini.
« J’espère qu’après cet événement, nous pourrons continuer à élever ce plafond, toujours plus haut, jusqu’à atteindre le niveau des plus grands boxeurs, parce que c’est là que se trouve le Graal pour nous. Ce n’est que le début. »
Ce que l’UFC paie vraiment
Pour comprendre la portée de la déclaration, il faut regarder les chiffres de l’autre côté. L’UFC paie toujours ses combattants débutants sur une base de 10 000 dollars pour se présenter et 10 000 dollars supplémentaires en cas de victoire, un barème figé depuis 2015, qui n’a pas bougé d’un dollar en plus de dix ans.
Le calcul est brutal : même en combattant deux fois dans l’année et en gagnant les deux, un débutant à l’UFC empoche 40 000 dollars bruts avant impôts, frais de camp et commissions de management. Soit exactement ce que MVP garantit au plancher, à n’importe qui, gagnant ou perdant, connu ou inconnu. Kenny Cross, combattant au profil modeste engagé sur la carte face à Salahdine Parnasse, a d’ailleurs publiquement déclaré qu’il gagnait cinq fois ce qu’un débutant à l’UFC toucherait pour ses débuts.
Le coup de griffe contre Kayla Harrison
Rousey n’en est pas restée là. Dans la foulée, elle a répondu à Kayla Harrison championne des poids coq à l’UFC, qui avait exprimé sa déception sur le podcast Death Row Podcast face à la description du combat Rousey-Carano comme le plus grand combat féminin de l’histoire.
La réponse a été cinglante :
« Si elle pense que son combat est le plus grand combat féminin de tous les temps, pourquoi est-elle moins bien payée aujourd’hui que je ne l’étais il y a dix ans ? »
Avant d’aller encore plus loin :
« Ce n’est pas seulement le plus grand combat féminin de tous les temps, c’est le plus grand combat de MMA de tous les temps. Il bénéficiera d’une audience record sur la plus grande plateforme, avec les plus grandes stars, et il a été organisé par deux femmes qui ont osé rêver grand. »
La pique est double : elle vise l’UFC sur les salaires, et elle pose sa propre légitimité face à la génération actuelle.
Netflix : la plateforme qui change les règles du jeu
Le 16 mai prochain, l’Intuit Dome d’Inglewood accueillera MVP MMA 1 sur Netflix, avec un triple main event exceptionnel : Rousey vs Carano, Francis Ngannou vs Philipe Lins, et Nate Diaz vs Mike Perry.
Derrière l’événement, une machine financière hors norme. Netflix revendique plus de 325 millions d’abonnés dans le monde et a déjà démontré sa capacité à écraser la concurrence sur les événements de combat : les affrontements de Jake Paul contre Mike Tyson, les grands soirs de Tyson Fury et Anthony Joshua, et le choc Terence Crawford contre Canelo Alvarez, tous diffusés sur la plateforme. Lors du combat Jake Paul-Tyson, malgré un spectacle sportif très discutable, les deux protagonistes avaient empoché près de 38 millions d’euros chacun.
Avec une telle puissance de frappe, Netflix ne joue pas dans la même cour que l’UFC et Rousey le sait pertinemment.
L’UFC dans le viseur, le MMA en ébullition
Rousey s’est montrée régulièrement critique envers la structure de l’UFC depuis qu’elle a confirmé son retour, martelant à chaque occasion les insuffisances du modèle en matière de rémunération des combattants. Mais cette fois, elle a des chiffres, une plateforme mondiale et Jake Paul derrière elle.
La California State Athletic Commission divulguera publiquement les salaires après l’événement du 16 mai, toutes les promesses de Rousey seront donc vérifiables, chiffre par chiffre. Ce qui rend ses déclarations d’autant plus percutantes : elle s’engage publiquement sur des montants qu’on pourra contrôler le lendemain matin.
L’UFC ne répondra probablement pas. Dana White ne répond jamais à ce genre d’attaque ou alors par le mépris. Mais quand une ancienne championne sort les bilans et les comparaisons devant les caméras de Netflix, le silence de l’autre côté parle de lui-même.
Le MMA est en train de changer. L’argent, lui, ne ment pas.





