En tête d’affiche du tout premier événement UFC diffusé sur Paramount+, Justin Gaethje n’a pourtant pas touché un centime de plus. Un signal fort qui interroge sur la réalité des promesses autour des rémunérations dans la nouvelle ère économique de l’UFC.
L’UFC 324 marque un tournant historique pour l’organisation. Samedi soir, la ligue lance officiellement son partenariat colossal avec Paramount+, fruit d’un accord de sept ans estimé à 7,7 milliards de dollars. Finie l’époque du pay-per-view à 79,99 dollars pour le public américain : désormais, tous les événements y compris les numérotés sont accessibles via un simple abonnement. Une révolution de diffusion mais pas encore une révolution salariale, à en croire Justin Gaethje.
Présent en main event intérimaire face à Paddy Pimblett, l’ancien champion intérimaire lightweight n’a pas caché sa déception lors du media day. Alors que Dana White et même Daniel Cormier assurent que les combattants seront mieux rémunérés dans cette nouvelle configuration sans PPV, Justin Gaethje affirme être resté à l’écart de toute revalorisation.
« J’entends Daniel dire que tout le monde va gagner plus d’argent sur cette carte. Moi, je ne gagne pas un dollar de plus que si cet accord n’existait pas », a-t-il lâché, sans détour.
Une sortie qui tranche avec le discours institutionnel, et qui rappelle une réalité contractuelle souvent méconnue : seuls certains champions et profils spécifiques bénéficiaient réellement de points sur les ventes PPV, et encore sous conditions de seuils élevés.
Dans le cas de Justin Gaethje, le problème est plus profond. Figure ultra-spectaculaire du roster, incarnation même du combattant “bonus”, l’Américain affiche un bilan unique : 14 combats à l’UFC, 14 bonus post-fight. Un exploit rare. Pourtant, même ce palmarès n’a pas suffi à franchir le cap symbolique du million de dollars en primes.
« Avoir 14 bonus sans atteindre un million, ce n’est pas normal », confie-t-il.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 13 bonus standards à 50 000 dollars (650 000 $), auxquels s’ajoute une prime exceptionnelle de 300 000 dollars pour le Fight of the Night à l’UFC 300 contre Max Holloway. Total : 950 000 dollars. Une somme conséquente, mais en décalage avec l’intensité, les risques et l’usure accumulée au fil des guerres livrées dans l’octogone.
Pour autant, Gaethje ne verse pas dans l’amertume.
« Le plus important, c’est le temps avec la famille. L’argent m’a permis ça », résume-t-il.






