|
Vainqueur |
Méthode |
Scores |
Rounds |
|
Nathaniel Wood |
Décision partagée |
29-28 / 28-29 / 28-29 |
3 rounds |
Qui est Losene Keita ?
Né le 30 décembre 1997 à Conakry, en Guinée, Losene « Black Panther » Keita grandit dans un quartier difficile. À 11 ans, sa famille émigre à Paris puis à Courtrai en Belgique. La rue le rattrape vite: bagarres, police, et finalement la prison. Il découvre le MMA par hasard, via un ami qui l’emmène à la salle. En quelques mois, la discipline l’absorbe complètement.
Sa montée en puissance est fulgurante. Il passe pro en 2019 après avoir épuisé les adversaires amateurs, plus personne ne voulait se battre contre lui. Il rejoint la World Fighting League, puis l’Oktagon MMA où il bâtit le palmarès le plus impressionnant du circuit européen : champion poids légers de l’Oktogon MMA à deux reprises, champion poids plumes de l’Oktogon MMA (une fois). Seize victoires, dont dix par KO. Une seule défaite, une blessure au pied lors d’un combat de titre en 2023, qui l’avait contraint à l’abandon sans avoir vraiment été dominé. Il entre à l’UFC avec un bilan de 16-1 et une réputation de finisseur redoutable.
Le faux départ : Le raté de Paris
Son premier combat à l’UFC était prévu en septembre 2025 à Paris, contre la légende Patricio Pitbull. L’affiche était parfaite. Mais à la pesée, Keita arrive à 149 livres, trois livres au-dessus de la limite des poids plumes. Le combat est annulé. Une mésaventure qui fragilise sa réputation avant même d’avoir mis les pieds dans l’octogone. Il s’excuse publiquement, se remet au travail, et attend une nouvelle chance qui arrive six mois plus tard, à Londres.
Le combat, un baptême du feu réussi sur le fond
Face à lui : Nathaniel Wood, vétéran anglais de l’UFC, 23-6, quatre victoires consécutives, chez lui à The O2. Pas le cadeau idéal pour un débuts. Le combat a duré trois rounds intenses, très disputés, difficiles à scorer. Keita cherchait le contre lourd son style signature, tandis que Wood gérait la distance avec son jab et ses coups de pied aux mollets. Le premier round a été trop prudent côté Keita, ce qui lui a probablement coûté la décision.
En deuxième round, il s’est réveillé. Ses droits ont visiblement marqué Wood au visage. Il a trouvé la mire plus souvent, plus durement. Le troisième round était à prendre et il a été le plus actif des deux. Mais les juges ont rendu leur verdict : deux à un pour Wood. Un juge lui a même donné le combat 28-29, signe que l’issue était loin d’être évidente. Certains observateurs ont parlé de « robbery ». Wood lui-même a déclaré en conférence de presse que Keita était probablement top 10 mondial, et que son équipe lui avait conseillé de ne pas accepter ce combat.
« Je pense que tout le monde sait que Keita pourrait être top 10 dans le monde. Personne ne voulait se battre contre lui. Honnêtement, Pitbull aurait pu avoir une revanche après qu’il ait raté la pesée et il n’en voulait pas. »
Sa réaction, La classe avant tout
Le lendemain matin, Keita a brisé le silence sur X. Pas de plaintes, pas d’excuses, pas d’amertume. Une déclaration qui a fait le tour du MMA francophone.
« Quel moment incroyable de vivre ça. Après 1 an et demi sans combattre, j’ai fait mes débuts à l’UFC et je me suis prouvé à moi-même que j’ai ma place à ce niveau. Le résultat n’a pas été en ma faveur, une split dans la ville de mon adversaire mais il n’y a aucune déception ici. Seulement de la progression, des leçons, et de la dalle. »
Quel moment incroyable de vivre ça. Après 1 an et demi sans combattre , j’ai fait mes débuts a l’UFC et je me suis prouvé à moi même que j’ai ma place à ce niveau.
Le résultat n’a pas été en ma faveur une split dans la ville de mon adversaire mais il n’y a aucune déception ici.… pic.twitter.com/mOenp7RAhO
— keitaplusser (@keita_losene) March 22, 2026
Ce que ses débuts disent vraiment
Perdre à l’UFC n’est pas une honte. Perdre par décision partagée, sur le terrain de l’adversaire, après dix-huit mois d’inactivité et une pesée ratée qui planait encore sur sa réputation et tenir tête pendant trois rounds à l’un des combattants les plus sous-estimés de la division, c’est même plutôt encourageant. Les analystes de Yahoo Sports ont souligné que sa principale erreur était une trop grande prudence au premier round. Il a le niveau. Il le sait. Wood le sait.
Mais ce soir à The O2, Keita n’était pas le seul Africain à rappeler que le continent a des choses à dire dans l’octogone. La soirée entière portait cette couleur. Et ce n’est qu’un début.
Car dans quelques jours, ce samedi 29 mars à Las Vegas c’est Israel Adesanya qui remontera les marches de l’octogone. « The Last Stylebender », Nigérian de naissance, Néo-Zélandais d’adoption, l’un des combattants les plus charismatiques que le MMA ait jamais produits, revient pour un nouveau chapitre après sa défaite par soumission face à Dricus Du Plessis en août 2025. Une revanche sur lui-même, un combat pour retrouver le sommet ou du moins prouver qu’il y a encore sa place. Deux Africains, deux soirées, deux histoires. Le MMA africain n’a jamais été aussi présent.
À 28 ans, Keita a le temps. Son style explosif, sa puissance de frappe et son mental qui ressort clairement de sa réaction post-combat en font un combattant que la division des poids plumes ne peut pas ignorer longtemps.





