The Moroccan Devil, les chiffres d’un combattant qui a tout reconstruit
La trajectoire de Youssef Zalal ne ressemble à aucune autre. Avant de devenir le « Moroccan Devil » redouté dans l’octogone de l’UFC, l’homme a dû affronter des démons bien plus féroces que n’importe quel adversaire.
Tout commence dans les rues de Casablanca, où le jeune Youssef grandit dans l’ombre du harcèlement. Victime de brimades, il se forge un caractère protecteur, intervenant dès qu’il voit une injustice. Pour canaliser cette énergie et l’éloigner des ennuis, sa mère l’inscrit au kickboxing à l’âge de dix ans. C’est le premier acte d’une vie marquée par l’exil : à 13 ans, lors d’une visite aux États-Unis, sa mère prend la décision déchirante de le laisser auprès de son père et de son frère pour lui offrir un avenir meilleur. Il ne la reverra pas pendant dix ans.
C’est dans cette Amérique des marges, sans papiers et entre petits boulots précaires, que le drame frappe. Un soir de sortie, son frère aîné, après avoir bu, insiste pour prendre le volant. À seulement cinquante mètres de la maison, la voiture se renverse. Éjecté par le pare-brise, son frère meurt sous ses yeux ; Youssef est le premier à recueillir son corps inanimé. Brisé, le futur combattant tente de mettre fin à ses jours le soir même en essayant d’avaler une poignée de pilules, avant que des amis de son frère n’interviennent de justesse.
Le chemin vers la lumière sera long. C’est grâce au soutien de son ex-femme, Kat, et à l’encadrement de la Factory X dans le Colorado, qu’il parvient à s’extirper des abîmes. Il transmute alors sa douleur en discipline, passant du muay-thaï aux cages de la LFA, où ses performances éclatantes lui ouvrent les portes de l’UFC en 2020. Aujourd’hui, chaque combat de Zalal est bien plus qu’une quête de victoire : c’est le témoignage d’une résilience absolue, celle d’un homme qui a appris à transformer ses cicatrices en armure.
Le salaire de Zalal : combat contre Aljamain Sterling – UFC Fight Night 274
Face à Aljamain Sterling au Meta APEX de Las Vegas, dans le combat le plus important de sa carrière, Youssef Zalal s’est incliné par décision unanime mais a perçu l’un de ses plus gros chèques.
| Salaire de base estimé | ≈ 450 000 $ |
|---|---|
| Prime de victoire (défaite) | 0 $ |
| Incentive pay (Venum) | ≈ 11 000 $ |
| Total estimé | ≈ 461 000 $ |
Biographie : de Casablanca à Las Vegas, en passant par le chaos
Youssef Zalal est né le 4 septembre 1996 à Casablanca, au Maroc. Il a grandi en se battant dans les rues de sa ville natale. Pour canaliser cette agressivité naturelle, sa mère l’a inscrit au kickboxing à l’âge de 10 ans. À 15 ans il émigre aux États-Unis. La transition est brutale : un nouveau pays, une nouvelle langue, une nouvelle économie, un environnement sportif radicalement différent.
Son surnom, « The Moroccan Devil », lui a été donné par un ancien coach en référence à la dangerosité du légendaire kickboxeur marocain Badr Hari. Il commence à combattre sur le circuit régional du Colorado, compilant un bilan de 7-2 dans la Legacy Fighting Alliance avant que l’UFC ne remarque son talent.
Il fait ses débuts à l’UFC en février 2020 à l’UFC 247, face à Austin Lingo. Il remporte le combat par décision unanime. Puis tout s’accélère dans le bon sens d’abord, puis dans le mauvais. Quatre défaites consécutives entre 2020 et 2021, dont une contre Ilia Topuria. En août 2022, l’UFC le licencie après un match nul contesté contre Da’Mon Blackshear.
Deux ans de reconstruction totale. Puis le retour et cette fois, une version différente, plus mature, plus complète. En mars 2024, l’UFC lui redonne sa chance. Zalal soumet Billy Quarantillo dès le deuxième round. Il ne s’arrêtera plus.
Historique des gains à l’UFC
Les gains en combat de Zalal sont encore dans la catégorie des « fighters en ascension » des chiffres modestes mais en nette progression à chaque sortie, à mesure que son statut dans la hiérarchie des poids plumes s’est consolidé.
| Combat (Événement) | Adversaire | Résultat | Gains estimés |
|---|---|---|---|
| UFC 247 (fév. 2020) | Austin Lingo | Victoire décision unanime | ≈ 23 500 $ |
| UFC Fight Night 179 (oct. 2020) | Ilia Topuria | Défaite décision unanime | ≈ 24 000 $ |
| UFC Fight Night (août 2022) | Da’Mon Blackshear | Match nul majoritaire | ≈ 24 000 $ |
| UFC Fight Night (août 2024) | Jarno Errens | Soumission – R1 | ≈ 48 000 $ |
| UFC Fight Night (nov. 2024) | Jack Shore | Soumission – R2 | ≈ 112 000 $ |
| UFC on ESPN (fév. 2025) | Calvin Kattar | Victoire décision unanime | ≈ 106 000 $ |
| UFC Fight Night (oct. 2025) | Josh Emmett | Soumission – R1 | ≈ 211 000 $ |
| UFC Fight Night 274 (avr. 2026) | Aljamain Sterling | Défaite décision unanime | ≈ 461 000 $ |
Ce que gagne vraiment Youssef Zalal
La fortune nette de Youssef Zalal est estimée à environ 500 000 dollars en 2026, selon les sources Sportskeeda et MMA Junkie. La majeure partie de ses revenus provient de ses cachets UFC. Les combattants à son niveau perçoivent généralement entre 50 000 et 200 000 dollars par combat, auxquels s’ajoutent les bonus de performance lorsqu’ils signent des finitions spectaculaires.
Son cachet pour le combat principal contre Sterling a été estimé à environ 461 000 dollars en comptant l’ensemble des revenus, salaire de base, prime de victoire potentielle, incentive pay.
| Gains UFC cumulés estimés (2020-2026) | Fortune nette estimée (2026) | Cachet estimé / combat (2026) |
|---|---|---|
| ≈ 950 000 – 1 100 000 $ | ≈ 500 000 $ | ≈ 150 000 – 450 000 $ |
Les combats qui ont tout changé
Deux soirées résument la renaissance de Youssef Zalal depuis son retour à l’UFC.
La première : UFC on ESPN d’août 2024 contre Jarno Errens. Zalal soumet l’Espagnol via rear-naked choke à 3:52 du premier round, une soumission express qui lui vaut son deuxième bonus Performance of the Night de la soirée. Le monde commence à prendre « The Moroccan Devil » au sérieux.
La deuxième : UFC Fight Night d’octobre 2025 contre Josh Emmett. Emmett était un ancien challenger au titre, sérieux prétendant à la ceinture. Zalal le soumet en moins de deux minutes au premier round, l’une des performances les plus retentissantes de la division des poids plumes en 2025. Ce finish propulse Zalal en position de challenger officiel et débouche sur le main event contre Sterling en avril 2026.
Sponsors et valeur estimée
Zalal s’entraîne à Factory X Muay Thai à Denver, Colorado, sous la direction de Marc Montoya. Sa discipline au quotidien contraste fortement avec des adversaires moins structurés, et cette rigueur se reflète dans la qualité de ses performances en cage.
Côté sponsoring, les partenariats de Zalal restent limités à ce stade de sa carrière, principalement Venum via l’accord exclusif UFC, quelques partenaires régionaux et sa présence sur les réseaux sociaux qui grandit avec chaque grande performance. Une victoire sur un nom de l’envergure de Sterling aurait fait basculer son exposition dans une tout autre dimension. La défaite de ce 25 avril ne ferme pas la porte, elle la reporte juste.
| Fortune nette estimée (2026) | Gains UFC cumulés | Revenus sponsoring estimés |
|---|---|---|
| ≈ 500 000 $ | ≈ 950 000 – 1 100 000 $ | ≈ 30 000 – 50 000 $/an |
Palmarès et distinctions
| Année | Titre / Distinction | Organisation |
|---|---|---|
| 2019 | Champion Featherweight King of Sparta | Sparta Combat League |
| 2024 | Performance of the Night (×2) | UFC (vs Errens, vs Shore) |
| 2025 | Contendant poids officiel plumes | UFC |
De Casablanca à Las Vegas, en passant par les rues du Colorado et deux années d’exil loin de l’Octagon : Youssef Zalal a su transformer la douleur de la perte de son frère en carburant pour une discipline de fer. Sa défaite contre Sterling en avril 2026 ne sonne pas le glas d’une ambition, elle marque la prochaine étape d’un combattant qui a déjà prouvé qu’il savait revenir plus fort. Pour Zalal, UFC Vegas 116 n’était pas seulement un main event : c’était une chance de fermer l’écart avec l’élite. Il y reviendra.





