Entre 2021 et 2022, Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman ont marqué l’histoire en détenant simultanément des ceintures de l’UFC. Un Camerounais et deux Nigérians au sommet de la plus grande organisation mondiale de MMA : un accomplissement exceptionnel. Quatre ans plus tard, aucun d’eux ne règne encore sur sa division. La relève se fait attendre, même si quelques noms entretiennent l’espoir.
Les « Three Kings » à un tournant
Ngannou, 40 ans, a signé en mai un retour victorieux par KO face à Philipe Lins, mais il évolue loin de l’UFC. Adesanya, 37 ans, a perdu quatre combats de suite, dont le dernier face à Joe Pyfer en mars, et pointe au 9ᵉ rang des poids moyens. Usman, 39 ans, s’est incliné en juillet face à Dricus du Plessis et réfléchit à la suite de sa carrière. Trois trajectoires différentes, mais un même constat : l’époque de leur domination simultanée est révolue.
Manel Kape, la piste la plus concrète
Né à Luanda, en Angola, Manel Kape apparaît comme le candidat africain le mieux placé pour viser une ceinture de l’UFC. Le poids mouche a frappé fort le 20 juin en mettant Kyoji Horiguchi KO au troisième round. Cette victoire a renforcé sa position parmi les prétendants au titre détenu par Joshua Van. Une confrontation entre les deux hommes est envisageable, mais aucune date ne doit être considérée comme acquise tant que l’UFC ne l’a pas officialisée.
Dricus du Plessis et Ateba Gautier, deux trajectoires à suivre
Ancien champion des poids moyens, le Sud-Africain Dricus du Plessis reste un nom important du MMA africain. Sa victoire face à Usman en juillet lui a permis de renouer avec le succès après sa défaite contre Khamzat Chimaev à l’UFC 319. Il n’incarne pas une nouvelle génération, mais demeure une référence continentale.
Au Cameroun, Ateba Gautier représente un espoir à plus long terme. À 24 ans, le poids moyen avait impressionné par sa puissance et ses nombreux KO. Sa série de dix victoires consécutives s’est toutefois arrêtée le 3 octobre lorsque Roman Kopylov l’a battu par TKO dès le premier round à l’UFC 332. Ce revers est un coup d’arrêt, pas une condamnation. Son âge lui laisse du temps pour progresser et revenir plus fort.
Une relève encore fragile
D’autres parcours illustrent les difficultés à s’installer durablement au plus haut niveau. Le Zimbabwéen Themba Gorimbo a pris sa retraite en 2026 après trois défaites consécutives, tandis que le Nigérian Sodiq Yusuff n’a pas réussi à s’imposer durablement parmi les meilleurs poids plumes. L’Ougandais David Onama reste un nom à surveiller, mais son retour dans l’octogone demeure à confirmer.
En parallèle, la PFL Africa poursuit son développement avec une deuxième saison en 2026, offrant aux combattants africains une nouvelle plateforme pour se faire connaître. Mais pour rivaliser durablement avec l’élite mondiale, le continent devra s’appuyer sur des académies mieux structurées, davantage d’opportunités de compétition et un accompagnement permettant aux meilleurs talents de franchir les étapes vers le plus haut niveau.
Le MMA africain ne manque donc pas de combattants prometteurs, mais il attend encore celui qui pourra transformer son potentiel en titre mondial. Manel Kape semble aujourd’hui le mieux placé pour ouvrir cette nouvelle page. Une victoire pour la ceinture pourrait raviver l’élan né à l’époque des « Three Kings » et inspirer une nouvelle génération.





