Tom Aspinall était devenu, en quelques mois, l’un des visages les plus respectés et populaires de la catégorie reine.
Titre intérimaire remporté sur court préavis, défense expéditive de cette ceinture pendant que Jon Jones temporisait, finitions spectaculaires à la chaîne : le Britannique avait coché toutes les cases du champion modèle.
Mais sa première défense de titre incontesté a brutalement fait basculer le récit.
Une blessure grave, puis une vague de doutes
Face à Ciryl Gane, Tom Aspinall livrait un premier round disputé lorsque le combat s’est arrêté net, victime d’un eye poke sévère. Vision altérée, incapacité de continuer : l’arbitre n’a eu d’autre choix que de stopper l’affrontement. Une issue frustrante, mais médicalement justifiée.
Malgré la gravité de la blessure désormais confirmée par une opération chirurgicale programmée le champion britannique s’est retrouvé au centre d’une polémique inattendue. Sur les réseaux sociaux, certains l’ont accusé d’avoir cherché une porte de sortie alors qu’il était en difficulté. Une réaction qui a profondément choqué son entourage.
Son ami et partenaire d’entraînement Modestas Bukauskas, attendu à l’UFC 324, n’a pas caché son amertume face à cette hostilité soudaine. À l’en croire, Aspinall est tout sauf un fuyard.
« C’est un soldat pour l’UFC. Il a accepté Pavlovich avec deux semaines de préavis, il a attendu Jon Jones sans se plaindre, il a toujours répondu présent », rappelle-t-il, avant d’insister sur la réalité d’un choc à l’œil : « Ceux qui parlent n’ont clairement jamais subi ça. Quand ta vision est atteinte, surtout contre un striker de ce niveau, continuer n’a aucun sens. »
Bukauskas parle d’expérience. Lui-même a souffert de blessures oculaires à répétition, parfois avec des séquelles sur plusieurs mois. Pour lui, la remise en cause de l’intégrité d’Aspinall est tout simplement injuste.
Un retour attendu et potentiellement terrifiant
Depuis l’incident, Tom Aspinall a confirmé qu’il devait subir une intervention pour réparer les dégâts à l’œil, sans pouvoir donner de date précise pour son retour. Un flou médical qui n’a pourtant pas calmé les critiques, au grand désarroi de ses proches.
Mais si Bukauskas reconnaît que la situation est dure à encaisser humainement, il y voit aussi une opportunité.
« Tout ça va devenir du carburant », assure-t-il. « Quand quelqu’un remet en question ton courage et ton honnêteté, surtout à ce niveau, ça crée quelque chose de dangereux. »
Dans la salle, Tom Aspinall est connu pour son calme… jusqu’au moment où « l’interrupteur s’enclenche ». Selon son coéquipier, cette remise en cause publique pourrait amplifier encore ce côté impitoyable.
« Vous n’avez pas envie de l’énerver. Quand il reviendra, il arrivera avec plus d’intensité, plus de rage contrôlée. Et ça va être très mauvais pour le prochain poids lourd qui se dressera devant lui. »
Tom Aspinall a peut-être perdu quelques supporters de circonstance, mais il semble avoir gagné autre chose : une motivation supplémentaire, née de la défiance. Une épreuve de plus dans le parcours d’un champion, qui pourrait bien transformer cette blessure et cette polémique en un chapitre fondateur de sa légende,






