À 31 ans, Sean O’Malley ne se projette plus à long terme. En marge de son retour très attendu face à Song Yadong à l’UFC 324, l’ancien champion des poids coqs a laissé entendre que 2026 pourrait marquer la fin de sa carrière. Une déclaration forte, lucide, à l’image d’un combattant conscient que le temps et les opportunités hors de la cage redessinent les priorités.
Englué dans une série de deux défaites consécutives en combats de championnat face à Merab Dvalishvili, O’Malley s’apprête à jouer gros le 24 janvier prochain à Las Vegas. Plus qu’un simple combat, ce rendez-vous face à Song Yadong pourrait conditionner la suite — ou la fin — de son parcours à l’UFC.
« Si je perds encore, c’est fini »
Sur sa chaîne YouTube, le Californien n’a pas cherché à masquer ses doutes ni son pragmatisme. Loin des discours guerriers habituels, O’Malley a livré une réflexion presque existentielle sur son avenir. « C’est presque inutile d’essayer de prévoir ce que je ferai dans cinq, trois ou même deux ans. Si je monte là-haut et que je perds encore, j’arrête tout ça », a-t-il lâché sans détour.
Le combattant sait que l’équation est simple : une nouvelle contre-performance pourrait refermer définitivement la porte de l’élite. À l’inverse, une victoire convaincante relancerait une trajectoire qu’il imagine déjà très clairement.
Song Yadong, puis Petr Yan… et la sortie rêvée
Malgré la tentation de regarder plus loin, O’Malley insiste sur le danger immédiat que représente Song Yadong, qu’il décrit comme l’un des adversaires les plus explosifs de la catégorie. « Song est dangereux. Il a de la puissance dans les deux mains, il est rapide. Je me prépare pour lui, mais je me prépare aussi pour Petr », a-t-il reconnu.
Car dans l’esprit d’O’Malley, la feuille de route est déjà tracée. En cas de succès à l’UFC 324, un rematch très attendu face à Petr Yan, aujourd’hui redevenu champion, s’imposerait presque naturellement. Leur premier affrontement, remporté par O’Malley sur décision partagée à l’UFC 280 en 2022, reste l’un des verdicts les plus contestés de ces dernières années. « Petr le sait. C’est ce qui vient ensuite. Je bats Song, puis Petr. Et après… on verra », confie-t-il.
2026, l’année du feu… et de l’adieu ?
Au-delà du sport, Sean O’Malley évoque aussi son avenir entrepreneurial. Son projet DoingWell, qu’il souhaite développer à grande échelle, fait partie intégrante de sa réflexion sur l’après-UFC. « 2026 va être incroyable. Je vais battre Song, battre Petr, mon business va exploser… et je prendrai ma retraite. Ça pourrait être la dernière année de ‘Suga’ », conclut-il.
Entre lucidité, ambition et désir de maîtriser sa sortie, O’Malley ne promet pas l’éternité. Il promet, en revanche, une dernière danse à haute intensité, avec l’espoir de refermer le chapitre sur un conte de fées plutôt que sur l’usure. Si tel est le cas, l’année 2026 pourrait bien rester comme celle où « Suga » a choisi de s’en aller avant que le jeu ne se retourne contre lui.






