Depuis la victoire nette d’Alexander Volkanovski contre Diego Lopes à l’UFC 325, une question revient avec insistance dans les débats MMA : qui est le véritable GOAT des -66 kg ?
La tentation est grande de répondre Volkanovski, tant sa longévité moderne et son sens de l’adaptation impressionnent. Pourtant, à froid, un constat demeure : José Aldo reste, aujourd’hui encore, le featherweight GOAT.
Il faut d’abord clarifier les termes. Le “meilleur” combattant renvoie au pic de performance, au niveau technique pur, souvent lié à l’évolution naturelle du sport. Le “plus grand” (GOAT), lui, se juge sur l’empreinte laissée dans l’histoire : durée de règne, constance au sommet, volume d’exploits.
Volkanovski peut très bien être le meilleur featherweight jamais vu, sans être encore le plus grand. Et c’est précisément là que le débat se joue.
Les chiffres parlent encore pour José Aldo
On l’oublie parfois, mais le règne José Aldo ne commence pas avec l’UFC. Le WEC était alors la référence mondiale sous les 70 kg et appartenait déjà à l’UFC. L’ignorer fausse complètement l’analyse.
Au total, Aldo affiche :
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18 victoires – 4 défaites à 66 kg
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11 victoires en combats pour le titre
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9 défenses consécutives
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2 379 jours champion en continu (2 708 jours en cumulé)
Des chiffres qui le placent au niveau de légendes absolues comme Anderson Silva ou Georges St-Pierre.
En comparaison, Volkanovski compte :
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14 victoires – 1 défaite à 66 kg
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8 victoires en combats pour le titre
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6 défenses à ce jour
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1 822 jours champion (et le compteur continue)
C’est immense. Mais pas encore suffisant pour dépasser Aldo sur le terrain de la grandeur historique.
Oui, Volkanovski a battu José Aldo. Comme Ilia Topuria a battu Volkanovski. Et pourtant, personne de sérieux ne place déjà Topuria au sommet de l’histoire featherweight.
La grandeur ne se résume pas à une soirée. Elle se construit sur une domination prolongée, contre plusieurs générations de challengers. Et sur ce point, Aldo garde l’avantage.
Le piège du biais de récence
Autre argument souvent avancé : la qualité de l’opposition affrontée par Volkanovski. Max Holloway (x3), Ortega, Lopes Impressionnant, sans discussion.
Mais l’histoire du MMA est cruelle : les générations futures dévalorisent toujours les anciennes. Hier, José Aldo battait Urijah Faber, Chad Mendes, Frankie Edgar, Korean Zombie. Aujourd’hui, certains qualifient ces noms de “faibles”. Demain, on dira la même chose d’Ortega ou de Lopes.
C’est précisément pour cela que les combats pour le titre comptent plus que tout. Et Aldo en a simplement gagné davantage.
Soyons clairs : Volkanovski se rapproche dangereusement. S’il bat Movsar Evloev ou Lerone Murphy, puis ajoute encore une ou deux défenses, le débat basculera. Définitivement.
Mais aujourd’hui, dire que Volkanovski est déjà le GOAT, c’est aller trop vite. Ce n’est pas minimiser son œuvre c’est reconnaître à quel point celle d’Aldo était exceptionnelle.
Sur le plan purement technique, à leur sommet respectif, Volkanovski partirait sans doute favori. Son intelligence de combat, sa capacité d’ajustement en plein fight, son volume… tout ça colle mieux au MMA moderne.
Mais José Aldo prime était un phénomène athlétique et défensif hors normes. Un duel entre les deux serait un chef-d’œuvre tactique, pas une formalité.






