En MMA, les modes ne naissent jamais par hasard. En 2025, une arme en particulier s’est imposée dans les cages : le spinning back elbow. Une technique longtemps marginale, devenue en quelques mois l’un des gestes les plus spectaculaires et les plus décisifs du très haut niveau.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Près d’un cinquième des KO par spinning back elbow recensés dans l’histoire de l’UFC ont eu lieu sur la seule année 2025. Et le phénomène ne s’est pas limité à l’organisation reine : le PFL et d’autres promotions internationales ont également surfé sur cette vague, multipliant les highlights viraux.
L’été a marqué un tournant. En août, deux combats consécutifs se sont terminés par KO sur spinning elbow lors de l’UFC 319. Carlos Prates a stoppé Geoff Neal, avant que Lerone Murphy ne couche Aaron Pico de manière brutale. Quelques semaines plus tard, Diego Lopes faisait vaciller Jean Silva à Noche UFC grâce à une action similaire, prélude à la finition.
Pour Michael Chiesa, aujourd’hui analyste, cette accumulation n’a rien d’un hasard. Il y voit un changement profond dans la manière dont les combattants gèrent la pression : des athlètes de plus en plus complets techniquement, capables d’utiliser des frappes tournoyantes pour casser l’avancée des adversaires agressifs.
Pourquoi l’elbow a pris le dessus sur le backfist
L’ancien prétendant lightweight Paul Felder apporte un éclairage intéressant. Lui-même auteur d’un KO par spinning backfist à l’UFC, il estime que l’elbow est plus court, plus compact et surtout plus adapté face aux lutteurs qui ferment la distance très vite. Moins d’amplitude, moins de risques articulaires, et un impact souvent dévastateur sur un adversaire lancé vers l’avant.
Cette frappe reste pourtant difficile à travailler pleinement à l’entraînement. Le risque de coupures ou de blessures est réel, ce qui limite son usage en sparring réel. Elle repose donc beaucoup sur l’instinct, le timing et l’engagement total le soir du combat.
Du côté des entraîneurs, la prudence reste de mise. John Wood, head coach de Syndicate MMA, rappelle que toute arme à la mode finit par trouver sa parade. Comme le calf kick avant lui, le spinning elbow fonctionne tant que les adversaires n’y sont pas parfaitement préparés.
Selon l’analyse de MMA Déferlante, le succès de cette technique tient à un mélange précis : pression constante en MMA moderne, excellence athlétique, et prise de risque assumée. Le gain potentiel est immense — un KO spectaculaire, des bonus, une notoriété instantanée — mais l’échec peut être tout aussi brutal si le timing est mauvais.
Pour Edson Barboza, auteur de l’un des plus grands KO tournoyants de l’histoire avec son wheel kick légendaire, la logique est simple : quand une technique commence à fonctionner, tout le monde s’y met. Et tant que la croyance est là, elle continue de faire des dégâts.
Reste à savoir si le spinning back elbow s’installera durablement ou s’il cédera, à son tour, face à la prochaine évolution tactique du MMA moderne.






