Ancien visage de l’UFC, Keith Jardine a connu les sommets en terrassant des légendes comme Chuck Liddell ou Forrest Griffin.
L’essentiel
- ➤ Keith Jardine a quitté le MMA sans fortune, comme beaucoup de combattants de son époque.
- ➤ Découvert par hasard par les réalisateurs de *Crank*, il s’est lancé dans l’acting et le stunt.
- ➤ Il signe aujourd’hui son premier long-métrage comme réalisateur, *Kill Me Again*, salué par la critique.
Arrivé en fin de carrière, The Dean of Mean s’est retrouvé face à un vide : pas d’argent de côté, pas de plan B. Vingt ans plus tard, il signe pourtant une reconversion inattendue et réussie dans le cinéma. Comme il le confie à MMA Fighting, Keith Jardine vivait dans un cycle précaire, dépendant des primes de victoire :
« Tu n’as pas de salaire mensuel. Tu gagnes quand tu combats. Et dans ta tête, tu penses toujours au gros chèque, pas au minimum garanti. »
À son époque – début des années 2000 – l’UFC sortait tout juste de la confidentialité. Les combattants se battaient davantage pour la gloire que pour l’argent, sans imaginer que le sport pèserait un jour plus d’un milliard par an en droits TV.
Le tournant arrive en 2007, quelques jours après sa victoire contre Chuck Liddell. Dans un café de Bernalillo, au Nouveau-Mexique, il croise Brian Taylor et Mark Neveldine, réalisateurs de Crank. Séduit, le duo lui propose d’auditionner pour leur prochain film Gamer avec Gerard Butler. Jardine accepte. C’est le début d’une seconde vie.
Suivront des petits rôles dans Breaking Bad, Crank: High Voltage, puis des productions plus prestigieuses (Inherent Vice, Logan, John Wick). Entre-temps, Keith Jardine apprend son nouveau métier avec la même rigueur que le MMA :
« Comme en combat, je me suis tué à l’entraînement. Si je voulais être acteur, je devais m’entraîner comme un acteur. »
Keith Jardine : le passage d’acteur à réalisateur
Après avoir investi toutes ses économies dans des allers-retours à Los Angeles pour des auditions, il décroche des rôles mieux payés dans les cascades et le cinéma d’action. Mais le Covid change la donne : Jardine profite du confinement pour écrire ses propres scénarios.
En 2024, il passe derrière la caméra pour Kill Me Again, un thriller haletant où un tueur en série vit en boucle la même nuit sanglante. Le casting inclut plusieurs figures du MMA comme Donald Cerrone, Michelle Waterson et Maurice Greene.
Le film, salué comme « un trip nerveux et stylé », ouvre à Jardine les portes d’une carrière de cinéaste.
« C’est sur un pied d’égalité, voire plus intense, que de sortir vainqueur de l’UFC », avoue-t-il.
Aujourd’hui, Jardine aligne les casquettes : combattant, acteur, cascadeur, réalisateur.






