Figure respectée du MMA mondial, Khabib Nurmagomedov n’a pas mâché ses mots. En marge du World Sports Summit, l’ancien champion invaincu a pointé du doigt un système qu’il juge de plus en plus éloigné de l’essence même du sport, accusant l’Ultimate Fighting Championship de privilégier le spectacle et la provocation au détriment du mérite sportif.
Khabib n’a pas parlé en observateur détaché. Son discours s’appuie sur des années passées au plus haut niveau, d’abord comme combattant, puis comme entraîneur et mentor. Selon lui, l’évolution actuelle du MMA pénalise une frange entière d’athlètes : ceux qui gagnent, mais qui ne correspondent pas au moule médiatique recherché par les grandes promotions américaines.
Il décrit une réalité où le talent ne suffit plus. Désormais, la capacité à faire le buzz, à provoquer verbalement ou à créer une narration conflictuelle pèserait parfois plus lourd que les performances dans la cage. Une dérive qu’il observe avec inquiétude, notamment pour les combattants issus de cultures où la discrétion et le travail priment sur la mise en scène.
Khabib insiste sur un point fondamental : pour lui, le MMA doit rester un sport avant d’être un produit de divertissement. La cage devrait être l’unique juge, pas les micros ni les réseaux sociaux. Une vision qu’il estime de plus en plus marginalisée dans l’écosystème actuel.
Des talents mis de côté malgré leurs résultats
L’ancien champion s’est montré particulièrement préoccupé par le sort des jeunes combattants, notamment ceux venus du Caucase. Il évoque une génération entière, disciplinée et affamée, qui se heurte à un plafond invisible. Des athlètes qui gagnent, parfois sans perdre, mais dont les contrats ne sont pas renouvelés faute d’exposition médiatique suffisante.
Selon des éléments recoupés par MMA Déferlante, ce constat est partagé par plusieurs acteurs du milieu, qui observent une sélection de plus en plus orientée par le potentiel marketing plutôt que par la seule performance sportive. Khabib va plus loin : il parle d’injustice, estimant que certains combattants sont écartés non pas pour leur niveau, mais parce qu’ils ne correspondent pas aux codes attendus.
Pour lui, cette logique fragilise l’équité du système. Le MMA, rappelle-t-il, repose sur un principe simple : deux combattants entrent dans une cage, et le meilleur gagne. Tout le reste devrait être secondaire. Or, à ses yeux, les priorités semblent aujourd’hui inversées.
À travers cette prise de position, Khabib défend une vision plus brute et plus juste du MMA. Un sport où le respect, le travail et les résultats priment sur la provocation. Un message fort, porté par l’une des voix les plus crédibles de l’histoire de l’UFC, et qui résonne bien au-delà de sa propre équipe.






