Le Black Jag, les chiffres d’un champion construit dans l’ombre
Enfant placé en famille d’accueil dès ses quatre ans dans le sud d’Auckland, champion de kickboxing en Nouvelle-Zélande, puis champion de l’UFC à 35 ans sur un genou soufflé, voilà, en trois temps, la trajectoire improbable de Carlos Ulberg. Né le 17 novembre 1990 à Auckland, d’origines samoane, maorie et allemande, il est aujourd’hui le champion en titre des mi-lourds à l’UFC et pointe au 15e rang mondial pound-for-pound. Un titre gagné dans les conditions les plus folles de l’histoire récente de l’organisation. Et pour l’instant, les chiffres restent modestes. Mais tout vient de changer.
Un démarrage loin des sunlights, une ascension silencieuse
Avant que le MMA ne devienne le fil conducteur de sa vie, Ulberg nourrissait de grandes ambitions dans le rugby à XIII. C’est une suspension de six semaines, consécutive à une altercation lors d’un match télévisé, qui le précipite définitivement vers les arts martiaux. Un tournant qu’il n’avait pas choisi, mais qui a tout changé.
C’est en kickboxing qu’il brille d’abord, avec un bilan de 19 victoires et 2 défaites, dont 12 KO. Il remporte le titre King in the Ring à 100 kg en 2017, puis à 92 kg en 2019. Ses camps d’entraînement en Chine et ses séances de sparring avec des noms comme Mark Hunt lui forgent une expérience que beaucoup de prospects UFC n’ont jamais. Il intègre City Kickboxing à Auckland, la salle d’Israël Adesanya et d’Alexander Volkanovski avec une seule idée en tête : s’affûter contre les meilleurs.
Carlos Ulberg a officiellement décroché son contrat UFC en novembre 2020, en foudroyant Bruno Oliveira d’un crochet gauche magistral lors des Dana White’s Contender Series (DWCS).
Ses véritables débuts dans l’octogone ont lieu en mars 2021, lors de l’UFC 259, face à Kennedy Nzechukwu. S’il s’incline par KO au deuxième round lors de ce baptême du feu après avoir pourtant dominé les échanges, cette défaite agit comme un électrochoc tactique. Il revoit totalement sa gestion de l’effort. Depuis ce soir-là, le Néo-Zélandais s’est transformé en une véritable machine de guerre, enchaînant les finitions expéditives et grimpant sans relâche dans la hiérarchie mondiale des mi-lourds.
Les combats qui ont défini sa carrière
Carlos Ulberg est devenu l’un des combattants les plus rentables de l’organisation, cumulant désormais cinq bonus « Performance of the Night » et un bonus « Fight of the Night ».
| Combat / Événement | Date | Résultat | Gains estimés |
|---|---|---|---|
| vs Kennedy Nzechukwu – UFC 259 | Mars 2021 | Défaite (KO R2) | ≈ 63 500 $ |
| vs Jung Da-woon – UFC 293 | Sept. 2023 | Soumission R3 | ≈ 81 000 $ |
| vs Alonzo Menifield – UFC Fight Night | Mai 2024 | KO R1 (0:12) | ≈ 156 000 $ |
| vs Dominick Reyes – UFC Fight Night 260 | Sept. 2025 | KO R1 | ≈ 360 000 $ |
| vs Jiří Procházka – UFC 327 (TITRE) | Avr. 2026 | KO R1 | ≈ 1 582 000 $ |
Ce que gagne vraiment Carlos Ulberg
L’UFC ne publie pas ses salaires officiels. Mais les données croisées permettent de reconstituer une image fidèle. Jusqu’à l’automne 2025, les gains en carrière d’Ulberg étaient estimés à environ 750 000 dollars, un chiffre solide pour un fighter poids mi-lourd, mais encore loin des têtes d’affiche établies.
L’UFC 327 marque l’entrée dans une nouvelle ère économique pour les combattants. Pour ce choc pour le titre vacant des mi-lourds face à Jiří Procházka, les rapports d’analystes fiables établissent le total des gains de Carlos Ulberg à 1 582 000 $.
| UFC 327 : Procházka vs Ulberg – Détails estimés | |
|---|---|
| Salaire de base estimé | ≈ 1 450 000 $ |
| Bonus de performance | 100 000 $ |
| Incentive pay (Venum) | ≈ 32 000 $ |
| TOTAL ESTIMÉ | ≈ 1 582 000 $ |
Fortune et patrimoine : le nouveau bracket financier
Avant UFC 327, la fortune personnelle d’Ulberg était estimée entre 750 000 et 1 million de dollars, issue de ses cachets de combat, primes de victoire et revenus annexes.
Côté activités secondaires, Ulberg a lancé une ligne de merchandising via la plateforme Millions App, s’est associé à la marque Full Violence pour une collection vestimentaire, et dispose d’un maillot de basket à son effigie chez Dynasty Sport.
La victoire à UFC 327 change radicalement l’équation. Un champion UFC en titre accède automatiquement aux cachets de main event et à une exposition sponsoring sans commune mesure avec ce qu’il percevait avant. Une victoire sur Procházka avait le potentiel de faire basculer Ulberg dans un bracket financier complètement différent, c’est exactement ce qui vient de se produire.
| Revenus bruts UFC (2019–2026) | Sponsoring & merch | Revenus estimés totaux | Fortune nette estimée |
|---|---|---|---|
| ≈ 1,5 – 2,3 M$ | ≈ 150 000 $ | ≈ 1,65 – 2,15 M$ | ≈ 1 – 1,5 M$ |
Et maintenant : un genou à opérer, un règne à construire
Quelques jours après son sacre, l’UFC a confirmé qu’Ulberg devait passer sur le billard pour une reconstruction du ligament croisé antérieur, blessure survenue dans les premières secondes du combat face à Procházka. Un coup d’arrêt forcé, mais temporaire. La division des mi-lourds l’attendra.
La question financière, elle, est désormais réglée. Carlos Ulberg n’est plus un contendant bien payé. Il est le champion. Et dans l’UFC, ce titre-là a un prix bien plus élevé que tout ce qu’il a touché jusqu’ici.
D’une famille d’accueil de South Auckland aux ceintures du Kaseya Center de Miami : Carlos « Black Jag » Ulberg a emprunté le chemin le plus long. À 35 ans, couronné sur un seul pied, il commence à peine son règne.





