Ancien double champion de l’UFC, Daniel Cormier n’a jamais été du genre à mâcher ses mots. Récemment interrogé lors d’une session de questions-réponses, l’Américain a livré un regard très critique sur le niveau actuel de la catégorie des light heavyweights, allant jusqu’à affirmer qu’à son apogée, il n’aurait laissé aucune chance à la concurrence.
Cormier, qui a régné sur la division des -93 kg avec trois défenses de ceinture, conserve un souvenir précis de l’environnement ultra-compétitif qu’il affrontait à l’époque. Ses seules défaites durant ce règne sont venues face à son rival de toujours, Jon Jones, dans une catégorie qu’il considère aujourd’hui profondément transformée.
Pour l’ancien capitaine de l’American Top Team, le contraste est frappant. Selon lui, la génération actuelle manque cruellement de profils capables de rivaliser dans le domaine de la lutte, un secteur qui constituait pourtant le cœur de la division lors de son passage. Il explique que s’il devait combattre aujourd’hui dans les mêmes conditions physiques, il profiterait largement de ce déficit technique, notamment face à des adversaires essentiellement orientés vers le striking.
Cormier souligne que la présence massive de lutteurs de haut niveau faisait autrefois la spécificité des light heavyweights. À ses côtés et autour de lui figuraient des athlètes issus du plus haut niveau universitaire américain, habitués aux duels tactiques, aux contrôles au sol et aux batailles d’usure. Une richesse de styles qui, à ses yeux, n’existe plus avec la même intensité.
S’il devait choisir un adversaire aujourd’hui, l’ancien champion reconnaît qu’un affrontement contre Alex Pereira aurait tout son sens, principalement pour des raisons sportives et économiques. Le Brésilien incarne la figure de proue de la catégorie, et affronter la plus grande star reste, selon Cormier, la logique d’un champion en quête d’impact et de revenus. Mais sur le plan purement technique, il estime que l’absence de lutteurs d’élite lui offrirait un terrain idéal pour imposer son style.
Cette analyse s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’évolution des catégories à l’UFC. Là où les mi-lourds étaient autrefois un bastion de grapplers accomplis, la hiérarchie actuelle repose davantage sur des combattants polyvalents ou spécialisés en striking. Le top 5 du classement comprend aujourd’hui Jiří Procházka, Magomed Ankalaev, Carlos Ulberg, Khalil Rountree Jr. et Jan Błachowicz, des profils que Cormier respecte, mais qu’il ne considère pas comparables, en termes de lutte pure, à ceux de sa génération.
Comme l’a appris MMA Déferlante, ces déclarations s’inscrivent aussi dans la volonté de Cormier de défendre l’héritage sportif de son époque, marquée par une densité exceptionnelle et des affrontements où chaque détail comptait. Sans prétendre réécrire l’histoire, l’ancien champion assume pleinement sa conviction : dans le contexte actuel, son style aurait été une arme redoutable.






