L’évolution du modèle de diffusion de l’UFC pourrait bien influencer en profondeur la manière dont les carrières sont désormais construites. À l’aube de cette nouvelle ère marquée par le partenariat avec Paramount+, Laura Sanko anticipe une tendance claire : les profils spectaculaires devraient être davantage mis en avant.
Consultante et commentatrice régulière de l’organisation, Sanko observe déjà un glissement dans la hiérarchie interne. La fin du pay-per-view systématique aux États-Unis ouvre la porte à un public élargi, plus occasionnel, mais aussi plus exigeant en matière de spectacle. Une donnée qui pèserait désormais dans la façon dont certains combattants sont valorisés.
« Je pense que la tendance va continuer à aller vers la violence », explique-t-elle, évoquant une volonté de récompenser les finishes et les combats engagés, même si aucun changement formel des règles ou des systèmes de rémunération n’a encore été acté. Selon elle, l’enjeu est surtout narratif : accrocher de nouveaux fans en leur montrant « ce qu’est vraiment le combat ».
Dans cet esprit, la mise en avant de performances explosives ne serait pas anodine. « Ce qui a électrisé les gens au début, c’était les histoires, mais aussi ce que ces athlètes faisaient concrètement dans la cage », rappelle Sanko, convaincue que les futures stars seront celles capables de livrer « des finishes incroyables et des batailles mémorables ».
Cette approche n’est toutefois pas sans controverse. Le récent départ de Rinat Fakhretdinov, pourtant invaincu depuis 24 combats, a alimenté les critiques. Un exemple qui illustre la crainte de voir le divertissement primer sur les résultats sportifs. Sanko reconnaît elle-même défendre souvent l’idée que le grappling n’est « pas assez valorisé », preuve qu’elle perçoit les limites de cette orientation.
Elle cite d’ailleurs Islam Makhachev comme contre-exemple : un combattant dominant au sol, mais loin d’être ennuyeux. Pour les profils plus axés sur la lutte, l’enjeu serait donc ailleurs : trouver d’autres leviers pour capter l’attention.
« C’est aussi une industrie de divertissement », résume-t-elle, invitant les athlètes à assumer davantage leur personnalité en dehors de l’octogone. Sans forcément se créer un personnage, mais en étant « une version plus affirmée de soi-même ».
Une lecture qui confirme, selon les informations recoupées par MMA Déferlante, que l’UFC entre dans une phase où la performance sportive pure devra souvent s’accompagner d’un supplément d’âme… et de violence assumée.






